dimanche 23 mai 2010

Câble de modulation YBA Diamond

YBA, société française d'origine récemment rachetée par Shanling, sur son haut de gamme, jouit d'une bonne réputation de produits audiophiles. L'ensemble de ses infrastructures et créations ont été déménagées, mais il subsiste quelques perles issues de la recherche et développement menées par Yves Bernard André du temps où il contrôlait la société. On trouve entre autre les câbles de sa conception. Le Diamond s'affiche clairement comme le haut de gamme chez YBA. On trouve également toujours à l'heure actuelle également le modèle Glass, moins abouti.

Le câble de modulation est réalisé dans la même sorte de câble utilisé à la fois pour les enceintes et également pour les câbles d'alimentation. Il est à noter que ces derniers ne sont plus commercialisés car ils ne répondent pas aux normes de sécurité CE imposées notamment par la présence d'un câblage de terre.

Il existe plusieurs séries de ce câble avec des connecteurs RCA différents, ceux que j'ai testé sont de la première série de facture, j'imagine que la différence avec les connecteurs plus récent est modeste pour ne pas dire inexistante.
Le câble est, tout comme pour le câble HP constitué de 12 fils en cuivre désoxygéné mono-brins organisés en torsades 3 par 3, puis isolés et blindés avant d'être torsadés 2 par 2. Le blindage contre les interférences extérieures est réalisé à l'aide d'une tresse en cuivre. Une gaine beige en diélectrique recouvre l'ensemble somme toute assez rigide. Chaque tresse utilise une géométrie relativement classique connue pour limiter les interférences entre les conducteurs utilisés. Chaque conducteur est en cuivre mono brin, rigide et couvert d'une gaine FEP rigide également. Ils semblent être chacun d'un diamètre de 0,6mm².

Les données affichées constructeur montrent une résistance de 0,01 Ohm/m et une capacité de 250 pF/m. Ces éléments ne sont pas particulièrement bon dans l'absolu par rapport à d'autres produits, mais prouvent au regard de la musicalité affichée que les mesures ne veulent à priori pas dire grand chose ...


La spécificité annoncée par le constructeur au regard des câbles est qu'ils sont étudiés pour fonctionner à longueurs fixes multiples de 1,23m. D'après YBA, cette longueur est optimale pour obtenir le meilleur résultat de reproduction. Les longueurs multiples de 1,23m peuvent être panachées selon la distance des enceintes à volonté. D'autre part le sens d'utilisation (Source -> Ampli intégré/préampli) est explicitement indiqué sur le diélectrique parune flèche (====>) et devra être respecté pour une meilleure performance.


Les prises RCA sont de bonne taille et s'emboitent bien sur les embases femelle du côté des électroniques. Elles sont aux dires du constructeur de très faible capacitance et résistance. Elles utilisent du cuivre désoxygéné pour conduire le signal et le téflon comme isolant. Un placage or termine de protéger la connexion de l'oxydation de surface. La conception de la prise RCA est dite mono corps afin d'assurer un contact direct et de meilleur qualité entre les conducteurs et la prise.   


L'écoute

Au premier abord, je suis surpris de la même sensation observée lors du test des câbles pour enceinte du même modèle. Ce câble a décidément une signature sonore fort reconnaissable à la première note ! La restitution apparait d'une parfaite finesse, focalisant l'attention sur des timbres emprunts de véracité. Le ton est juste, résolument neutre sans aucune mise en avant perceptible d'aucune sorte.
Le son délivré est pour ainsi dire excellent, difficile objectivement d'y trouver à redire, si ce n'est que cet excès de transparence pourrait bien mettre en exergue les défauts inhérents à de nombreuses électroniques peu conçues pour restituer la musique sans chaleur.

L'image stéréo est excellente, elle est équilibrée, les instruments sont parfaitement dissociés et, encore une fois, sans aucune projection. L'image se forme assez en retrait chassant l'impression de proximité excessive qui peut de temps à autre arriver sur d'autres câbleries.La largeur et la profondeur de restitution sont également généreuses et parfaitement convaincantes, les instruments à l'arrière plan sont fournis en détail et aération au même titre que ceux au premier plan.

Les timbres sont ultra réalistes sur les cuivres et instruments à vent, ici on ne parle plus de coloration mais d'un effort à semble-t-il laisser les timbres naturels s'exprimer sans aucune fioriture supplémentaire. On est ainsi dans la pure ligne des produits analytiques tel qu'ils peuvent être en vogue en ce début de vingt et unième siècle.

La reproduction des voix est plutôt neutre, ne mettant pas en avant une extrême rapidité comme sur les câbles Nordost par exemple, l'écoute s'assouplit, mais peut par moment manquer de l'extrême dynamique sur les forte que certain recherchent sur des électroniques de consommation courante. Là encore, c'est une question de goût et non un défaut de conception ou de quoi que ce soit d'autre, l'approche est à l'écoute naturelle, analytique et "posée". Personnellement je préfère réellement cette restitution racée à l'excès de rentre dedans qui au final est plus démonstrative que réaliste.

Les grandes formations sont très bien reproduites avec excellente lisibilité des jeux de masse. La reproduction est riche en détail, foisonne de micro-détails, les forte sont réalistes et la dynamique parfaitement satisfaisante. L'écoute à la longue ne s'est pas révélé particulièrement fatigante mais plutôt agréable, encore une fois l'impression qui s'en dégage est "naturel" et "retenue".Il semble que si quelque chose soit à incriminer à ce niveau c'est clairement l'électronique, l'alimentation ou les enceintes.
edition du 24/05/2010: il est à noter que l'aspect de retenue est à mettre au compte de l'alimentation car au final un nouveau test à l'aide d'une source mieux alimentée montre un épanouissement proche de la "perfection".


Au final, le câble de modulation Diamond est un câble au caractère non dominant. Les électroniques ont libre cours à leur expression. Il me semble qu'il s'associera plus volontiers avec des électroniques à tendance analytique, mais pourra également modérer par sa retenue toute relative, l'excès de fausse dynamique ou les notes de coloration de lecteurs marqués britaniques ou écossais.

Site du constructeur : Le site
Lien vers la description produit : Fiche produit
Où acheter en France :pour le moment la distribution est suspendue jusqu'à reprise par Shanling

1 commentaire:

  1. Voici une information fournie par le site audiofrequences.com, distributeur de YBA:

    "YBA NE FABRIQUE PLUS EN FRANCE
    YBA SACLAY NE REPOND PLUS !!
    Mise à jour le Samedi 17 Avril 2010

    Silence radio de notre marque nationale depuis le début 2010 et confirmation du déménagement vers l'extreme Est de l'outil de production sans la tete pensante et ses oreilles affutées.
    Depuis quelques années les anciens proprietaires avaient retiré la belle gamme Classic du catalogue pour des raisons autres que musicales pour se concentrer sur les Passions et beaucoup de Design , nous voyons le résultat.
    Gardez et savourez vos 'Instruments' YBA , faites les entretenir ou réparer et attendons patiemment des jours meilleurs avec un renouveau !!!!"

    D'autres sites web de distributeurs YBA n'en font pas état. Toutefois j'ai déjà constaté en boutique la vente de matériel, à prix tarif, de constructeurs ayant cessé d'exister (liquidation judiciaire).

    Ainsi pour en avoir le coeur net, je suis allé consulter les informations financières de cette entreprise auprès d'une source fiable (creditsafe.fr). A ce jour, l'entreprise présidée par Mr Li Yuanyuan existe toujours. Toutefois elle est en bien mauvaise posture après 3 années de résultats d'exploitation négatifs et tout particulièrement en 2009... Ceci aurait donc hélas tendance à corroborer les infos du distributeur audio frequences.

    On ne peut que regretter les difficultés de ces entreprises d'audio high-end créées par des passionnés

    Aerki

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