mardi 31 mai 2011

Alimentation régulée pour M2Tech hiFace EVO

Après une longue période d'utilisation et de tests de différentes solutions pour alimenter le système hiFace, je vous propose de prendre connaissance des différentes méthodes que j'ai retenue comme étant viables :

Alimentation par pile 9V :




L'alimentation par pile 9V représente je pense la solution la plus adaptée pour un bruitage d'alimentation minimal. L'image sonore se révèle être est claire et sans aucune dureté numérique due à l'électronique perceptible, la restitution est soyeuse et fluide à souhait. Le medium est ultra détaillé dû surtout le niveau de bruit de fond très réduit. Les instruments se détachent idéalement dans l'espace avec grande précision (pourvu que le système le permette évidemment)

Le défaut de cette solution est l'autonomie qui est d'environ 2h par batterie en fonctionnement. Sachant que l'hiFace EVO a besoin d'une bonne demi-heure de marche pour chauffer, je conseille de laisser une alimentation normale en fonction sur le boîtier entre les période de mise sur batterie.

Pour préparer une alimentation 9V je vous propose une petite "shopping list" issue de chez Conrad :

  • Une paire de batteries Li-On 9V 500ma (rechargeables), 12,95€ pièce

  • Un chargeur de pile 9V Li-On (attention celui ci est livré sans adaptateur secteur à prévoir en plus)
  • Un support pour pile 9V

  • Une section de Fil R/N + CNC Alimentation droit 2,5mm

Coupez le fil R/N à longueur souhaitée (par exemple 50cm), dénudez-le puis soudez le fil rouge et le fil noir sur le bornier. Pour repérer le bon sens, il suffit de positionner la pile sur le socle, puis de regarder où se trouve le symbole '+'. Soudez-y le fil rouge. Le fil noir va sur le bornier du '-'.



découpez un câble réseau récupéré cat 5 ou 6. Récupérez la feuille de blindage et entourez la section de câble  avec au plus près des connexions. avec du chatterton sécurisez les extrémités, enfilez une gaine tressée extensible PET et attachez les extrémités à l'aide de gaine thermo rétractable selon les diamètres de vos câbles.


Chargez les piles et vous aurez environ 2h-3h d'autonomie en fonctionnement par pile. La charge lente prend environ 5-7h.

Alimentation par alimentation de table de grade médical :

L'image sonore se révèle cette fois ci être claire ave une légère dureté numérique perceptible, la restitution est agréable mais laisse un sentiment d'incomplet, de frustrant. Le medium est détaillé mais légèrement voilé et moins dynamique qu'avec le système à pile. Les instruments se détachent cependant relativement bien dans l'espace.


Les alimentations de table de grade médical même munie d'un câble secteur simple, fournissent une image sonore globalement plus propre, moins dure. La restitution globale semble plus aérée qu'avec une alimentation standard, les micro-détails sont plus audibles. Il nous semble également que l'adjonction d'un câble secteur de qualité joue également mais dans de moindres mesures que sur une électronique audiophile habituelle.


Banc d'essai - Câble de modulation Esprit High End Audio Celesta

Esprit High End Audio est sise a Bauné dans le 49 ou se trouvent ses ateliers de fabrication (tout est fabriqué manuellement en France), l’auditorium pour les tests et la partie administrative. De longue tradition dans la fabrication d’accessoires et de câbles pour l’environnement audiophile, après les RendistoRs, je vous propose un petit compte rendu d’écoute des produits de la gamme Celesta. Ce premier article concerne le câble de modulation.

Pour débuter, voilà une réalisation totalement artisanale comme je les aiment, les conducteurs sont tressés et montés avec grand soin et la finition extérieure dénote d'un assemblage qualitatif parfait à ce niveau de prix.



Il existe naturellement plusieurs générations de câbles, ceux que j'ai testé sont de la dernière série, ils remplacent les Structura 3, puis les récents Structura 4.

Le travail d'évolution entre ces différents générations de câble porte essentiellement sur les isolants, le type de blindage et également sur le type de cuivre désoxygéné employé. Le changement de gamme n’est pas anodin, il a été explicitement choisir par le constructeur dans la mesure où il constitue la plus grande évolution par rapport à celles effectué par le passé. En fait, le travail qui a été fait sur le très haut de gamme Gaia et Lumina, se décline dans une moindre mesure sur la nouvelle gamme Celesta.

Le câble est de construction symétrique, constitué d'un couple de conducteurs multi-brins en cuivre désoxygéné à cristaux longs, un pour le point chaud, 1 pour le point froid. Tressé à la main à partir de toron de cuivre, chaque conducteur est ensuite isolé sous plusieurs couches d’isolants. Il existe quatre niveaux d'isolations suivant les informations du constructeur. Le câble possède également un système d’amortissement antivibratoire.

Notons que le blindage est orienté « progressif avec isolant sur air », technique propriétaire dons les détails ne sont naturellement pas dévoilés.

Aucune donnée technique relative à des mesures n'est affichée par le constructeur. Cela dit, comme nous le savons tous, c'est l'écoute qui prime avant tout pour déterminer si un produit en situation est réellement performant ou pas. Ce ne sont pas les mesures, qui au final montrent souvent des disparités d’un câble à l’autre fort minimes et pourtant une écoute réellement différente.

Le sens d'utilisation du câble se fait à priori de la prise avec la gaine marquée Esprit vers la prise dont la gaine est marquée Celesta. Il est nécessite d'un minimum d'utilisation en situation pour que le câble de stabilise et donne son maximum. Monsieur Césari recommande 10 minutes environ pour que le câble se polarise et environ 10h pour la phase de rodage.

Les prises RCA sont robustes, de bonne taille et s’emboîtent parfaitement sur les embases femelle du côté des électroniques. La qualité du serrage est identique à celle utilisée par Supra (prise ISL auto-serrante). Le serrage progressif et naturellement parfait pour un contact optimal, il est également réellement excellent d'expérience. 



Les connecteurs d’origine CMC sont fabriqués sur cahier des charges à base de cuivre désoxygéné à très haute conductivité plaqué argent pour conduire le signal et utilisent le téflon comme isolant. Un placage argent supplémentaire termine de protéger la connexion de l'oxydation de surface. L’utilisation du cuivre n’est pas anodine dans la mesure où l’on trouve plutôt des connecteurs le laiton ou laiton/cuivre plaqués.



L'écoute

Au premier abord, je retrouve la qualité des produits d'exception qui apportent un transport du signal sans compromis. Naturellement chaque produit de cet ordre dispose d'une signature sonore et d’un comportement stable propre. Ici, la restitution apparaît d'une extrême finesse, loin de toute dureté numérique, focalisant l'attention sur une foultitude de détails dans le haut medium apportant clarté et véracité.

Le ton est juste, résolument neutre à la manière des meilleurs produits de ma sélection, aucune mise en avant  d'aucune sorte n'est perceptible. On notera toutefois par moment une légère sensation d’aseptisation, le bas medium et l'extrême bas du spectre ont pour ainsi dire une forme de restitution dégraissée qui conviendra sans aucun doute à un grand nombre d’amateurs de classique. D’aucun noteraient que ce manque de « chaleur » est objectivement le résultat d’un exercice de pleine et totale neutralité. En la matière, l’exercice est difficile car l’étalon parfait n’existe pas et à ce niveau de restitution la suggestivité du goût prend facilement le pas sur la réalité.

En toute objectivité, le son délivré est excellent, difficile objectivement d'y trouver à redire dans l'absolu, si ce n'est que l'extrême transparence mixée à cette sensation de dégraissage pourrait bien mettre en exergue les défauts inhérents à de nombreuses électroniques peu conçues pour restituer la musique sans chaleur... La faute à l’électronique et non pas au câbles !

L'image stéréo est très bonne et équilibrée, les instruments sont parfaitement dissociés, les micro-détails fort présents donnant par moment une impression d'écoute "monitor" et, encore une fois, sans aucune projection. L'image se forme en retrait chassant l'impression de proximité excessive qui peut de temps à autre arriver sur d'autres câbleries. La largeur et la profondeur de restitution sont également généreuses et parfaitement convaincantes. Les instruments à l'arrière plan sont fournis en détail et aération au même titre que ceux au premier plan avec toutefois une très légère réserve pour le bas du spectre dont la fermeté peut surprendre les amateurs de rock par moment.

Les timbres sont réalistes sur les cuivres et instruments à vent, pas la moindre trace de coloration, les timbres sont naturels et s'expriment sans aucune fioriture supplémentaire. Tout comme la référence étalon YBA Diamond, on est ainsi dans la pure ligne des produits analytiques tels qu'ils peuvent être en vogue en ce début de vingt et unième siècle.

La reproduction des voix est neutre, parfaitement détourée, ne mettant pas en avant une extrême rapidité comme sur les câbles Nordost par exemple, on est dans le domaine de la douceur. La restitution est donc racée évitant de se montrer plus démonstrative que réaliste. L'écoute de plages en haute définition met davantage ces éléments en avant, la compression dynamique  moins présente et le niveau de détail étant meilleur.

Les grandes formations sont très bien reproduites avec excellente lisibilité des jeux de masse, légèrement inférieure à celle proposée par d’autres modèles déjà testés dans la même gamme de prix, mais là nous parlons de delta très faible et certainement pas de gros écarts significatifs. La reproduction est riche en détail, foisonne de micro-détails, les forte sont réalistes et d'une dynamique parfaitement suffisante. L'écoute à la longue ne s'est pas révélée particulièrement fatigante mais plutôt agréable, encore une fois l'impression qui s'en dégage est "doux", "naturel" et "détaillé".

Au final, le câble de modulation Esprit Celesta est un câble de la catégorie des non dominants comme je les aime. Il constitue une alternative tout à fait crédible aux câbles de sa gamme de prix. Il me semble qu'il s'associera plus volontiers avec des électroniques à tendance moins analytiques qu'expressives.
Il mettra d'autre part sans aucun doute en exergue les défauts de certaines électroniques qui proposent des signatures sonores marquées dans le bas medium ou dans le medium. Ces dernières, comme par exemple avec les câbleries YBA, rendent à César ce qui est à César ... Elles ne pardonnent rien et tournent facilement une restitution déséquilibrée à la caricature.

A titre de conclusion sur ce sujet, je dirais que ces câbles de haute facture s'accordent fort heureusement avec nombre d'électroniques dont la qualité de transparence et de neutralité fait le bonheur de la communauté audiophile.

A l’instar de produits minimalistes, Esprit propose donc avec une certaine rigueur de construction un produit à travers le câble de modulation Celesta qui je pense ont parfaitement leur place dans la liste des excellentes câbleries neutres et transparentes.

Site du constructeur : Le site
Lien vers la description produit : Fiche produit
Où acheter en France : Les Distributeurs
Les prix publics 2011 : 0,6m 650 €, 1,2m 920€
Note : le câble est en premier lieu optimisé pour une longueur de 1,2m

dimanche 29 mai 2011

ProAc Studio 130 et 140

Les enceintes ProAc sont inscrites dans une longue lignée d'excellentes enceintes de bilbiothèque qui font par ailleurs référence.


ProAc propose d'autre part une série de colonnes, dont les performances et la musicalité sont variables. Avec plusieurs tentatives dans la série "D" dont nous reparlerons ultérieurement, se trouve intercalée entre les enceintes de bibliothèque et les grosses colonnes la série Studio.


D'un excellent rapport qualité prix, les deux modèles proposés constituent une alternative intéressantes dans leur gamme. Construites solidement, les version Studio 130 et 140 offrent une restitution charnue et vivante. La dynamique est au rendez-vous avec une forte propension à traduire la rapidité et les détails avec aisance.

            
Studio 140                     Studio 130


la Studio 130 est construite autour d'un couple de haut-parleurs (25mm+165mm) offrant un rendement annoncé de 88.5db à comparer à la Studio 140 dont les 3 haut-parleurs (25mm+2x165mm) offrent 91db. S'il n''est naturellement pas raisonnable de se fier complètement aux données annoncées, il est vrai qu'à l'écoute, la version 140, outre son aisance supplémentaire dans le bas du spectre, offre une image plus détaillée et une plus grande réalité couplée à différents amplificateurs. Il existe désormais une seconde version de la Studio 140 dont notamment le filtrage a été légèrement amélioré.


Si l'on ne peut qualifier ces enceintes de parfaitement neutres, offrant un grain exceptionnel de medium qui apportent vitalité et impression de réalité, elles restent tout de même sur un timbre fort réaliste et s’accommodent principalement d'électroniques  peu colorées. A l'aise sur tous les styles, elles sont nous semble-t-il plutôt à l'aise sur des reproductions de petites structure, studio ou des formations orchestrales de taille moyenne. Pour reproduire une grosse masse orchestrale, la recette n'est pas miraculeuse et la taille de ces enceintes ne le permet pas totalement avec réalisme.


La précision du medium et du haut du spectre est fort respectable et permet à l'aide d'électroniques de haute qualité de saisir à la fois la réalité des timbres, les placements d'instruments et une scène sonore plutôt agréablement étendue à la fois en largeur et en profondeur. Il faut d'ailleurs noter que le filtre semble bénéficier de l'adjonction de RendiStor (voir l'article sur le sujet sur le blog). Le bi-câblage n'apporte quant à lui pas grand chose, par contre le remplacement des straps fournis par un morceau de câble montre un meilleur équilibre tonal et une meilleure clarté du haut medium.


La Studio 130 offre une restitution suffisante pour l'écoute du classique et du jazz acoustique. La version 140 sera sans aucun doute appréciée pour son apport supplémentaire dans l'assise de la contrebasse et des guitare électriques dont les descentes quelquefois abyssales restent ferme et détourées, sans bavures sur des électroniques de bonne facture. Il s'agit de modèle que l'on peut trouver plus aboutis que les premiers modèles de la série D, qui possèdent certes un medium plus détaillé, mais un "fruité" plus frustrant à l'écoute tout de même fort claire et peu équilibrée en bas du spectre. 


Côté câblage, notre conseil se portera en premier lieu vers des câbleries fort neutres, allant de douce et ultra définies (Esprit High End Audio,  Goertz ou 47 Labs) à rapides et tendues en second lieu (Nordost). On évitera les modèles ayant tendance à  modifier les timbres (agréablement ou pas) ou mettre en avant une partie du spectre (MPC, Supra Ply). De même la placidité de ces modèles face à l'appel en courant ne s'accorde pas vraiment à l'utilisation de câbleries trop mates ou austères tels que les modèles de chez QED.


J'aime à utiliser quelques morceaux bien choisis pour voir certains paramètres comme la rapidité de l'enceinte à réagir à de fortes variations de niveaux ou à reproduire certains micro-détails que je sais présent et dont je connais la présence sans erreurs. Du coup, citer mes exemples, comme le font certains, ajoute une artificielle crédibilité dont bien sûr seul l'auteur est responsable :)


Je me contenterai donc de citer les références d'albums ou morceaux cités sans plus rentrer dans les détails sur les impressions qui restent des éléments liés plus ou moins aux goûts personnels plutôt que des éléments techniques terre à terre.


Partie de ma discographie de test :

  • William Sheller et le le Quatuor Stevens - Babayaga - 2007 : prise de son, aptitude à reproduire un quatuor sur un morceaux lourd dans le bas du spectre, respiration des interprètes
  • Stevie Ray Vaughan - couldn't stand the weather - tin pan alley - 1999 : est-on réellement au paradis avec le timbre velouté de SRV sur une ligne de basse électrique  et de cymbales nettes et détachées ?
  • Tori Amos - Live at montreux - Crucify 1991 : foultitude de petits détails sur scène qui crédibilise la prise de son de près de Tori au piano, prise de voix exceptionnelle, respirations crédibles
  • Rachell Ferell - Livre at montreux - My funny valentine - 1997 : piano un peu acide, souffle de la prise de son analogique, voix ultra réaliste dans les nuances, ligne de basse électrique claire et harmonieuse
  • Keith Jarrett - Up for it  - My funny valentine - 2002 : respirations, résonance du piano toujours crédible et audible, prise de son batterie, pesée sur les cymbales 
  • Machico Takahachi - Concerto pour flute, cordes et basse continue en Ré mineur, H. 426, Wq. 22 - C.P.E. Bach : Timbre de la flute traversière, crédibilité des respirations, prise de son globale
  • Susuki Hidemi - 3 concertos pour violoncelle - Concerto No 3 en La WQ 172 - C.P.E. Bach : Plus pour l'interprétation que pour les paramètres techniques, l'émotion doit passer. Salle étendue et large, clavecin bien en place sans excès dans le haut du spectre, placement des instruments, j'adore !
  • The Beatles - Let it be - I've got a feeling - 2009 remastered : la voix de paul splendide et de john totalement exacte, sans trafic. Cymbales un peu trop présentes, brouillon du studio fort réaliste et la gratte parfaite...
  • Renaud et Gauthier Capuçon - Inventions - Suite française pour 2 piano No 2 - J.S. Bach - 2006 : timbres et placement, polyphonie entre violon et violoncelle
  • Eric Clapton - MTV Unplugged - Old love - 1992 : ambiance concert acoustique, jeu sur les cordes, multitude des instruments et de leur placement précis, la voix est moyenne en prise de son
  • Eric Claption - Stages - Have you heard - 2000 : saxo à gauche et basse à droite au premier plan, guitare légèrement à droite, clapton au centre, scène sonore crédible, voix et timbres fort bien reproduits. 
  • The Canberries - Single CD Live - Zombie - ? : prise de son concert excellente sur l'ambiance, guitare folk  électrisée claire et placée, cordes discrètes, voix juste et chargée d'émotion en retrait 
  • Dire Straits - Communiqué - where do you think you're going ? - 2000 (not remastered version) : Précision dans l'enregistrement excellente, les micro-détails foisonnent, la voix de Mark est juste et chargée d'émotion
  • J.J. Goldman - En passant - Quand tu danses (HDCD) - ? : Détails et intimité de l'enregistrement studio
  • Elton John - Made in england (live) - The one - 2005 : scène live réaliste, prise de son un peu rapprochée du piano et reverb
  • Katie Melua - Katie Melua collection - what a wonderful world (attention l'album est moins bien mixé que la compilation) - 2009 : Excellence des voix et détection de l'excès de coloration
  • The Nits - Urk (live) - Shadow of a doubt - 2006 : scène livre brute, placement des instruments, voix et micro-détails
  • Erwin Schott - Arias By Mozart, Verdi, Berlioz, Gounod & Meyerbeer - Don giovanni - 2008 : l'émotion doit passer dans les inflexions des micro-détails, interprétation excellente
A titre de conclusion, je trouve que ces enceintes sont un bon compromis plaisir / écoute s'accordant à la fois en taille à un salon et procurant une extension du spectre audible fort équilibrée.