mercredi 23 novembre 2011

JPlay V4, nouveautés (Français)


Voilà la nouvelle génération de JPlay! Quelles nouvelles fonctions inédites Josef Piri nous a-t-il concocté cette fois-ci ?

JPlay a considérablement change depuis ses deux dernières versions en portant son attention plus particulièrement sur la qualité du son et l’interfaçage avec les autres applications. La philosophie du produit reste globalement la même par rapport aux précédentes versions, son positionnement est résolument celui d’un transport / lecteur audiophile haut de gamme. 

L’introduction de modes inédits de lecture basés sur le préchargement en mémoire de piste(s) en mode bit perfect, le mode d’hibernation, sont deux éléments fortement différentiateurs de positionnement de transport par rapport à ce que propose la concurrence en la matière. La plupart des processus inutile à la reproduction audio sont gelés ou fortement ralentis pour donner toute priorité au timing d’échange entre le pilote et le DAC. La gestion de mémoire introduite  à travers deux modes Beach et River, démontre très clairement que chaque élément au niveau système d’exploitation a une influence sur la qualité de la reproduction. 



Beaucoup de réglages pour une meilleure adaptation


Quel système sur plate-forme Windows peut offrir quelque chose de mieux qu'un service ? Certainement pas une application d'avant-plan comme celles qu'offrent les autres lecteurs. Le principe de gestion des tâches et de la mémoire par les services permet de tirer le maximum du système d'exploitation, de limiter l'interaction avec le système qui vérifie en permanence les autorisations et enfin un contrôle très fin de la séquence de démarrage


JPlay, logiciel audiophile en tant que service



Ayant écouté à la fois des ordinateurs Mac et Windows préparés pour l’écoute audiophile, j’avais toujours trouvé que la combinaison Windows+foobar offrait une image un peu plus réaliste et disons plus analytique. A l’heure actuelle, après avoir vécu l’expérience JPlay, il me semble que l’écart se creuse de manière significative, même si la configuration reste tout de même relativement complexe et hors de portée du néophyte

Qui a déjà rêvé d'avoir une interface foobar pour contrôler la lecture audiophile d'excellente qualité de JPlay ? Et bien Josef Piri l'a réalisé pour vous :



Totalement transparent, où est donc JPlay ? En arrière plan !



J’ai également apprécié l’intégration donnant un accès complet à la librairie audio au travers de l’Apple Remote. Cette dernière application fonctionnant totalement d’une part nativement avec iTunes et à l’aide du composant Wintense pour foobar 1.1. 


Pouvez-vous deviner que mon iPhone 4 contrôle JPlay à distance ?




Le seul petit bémol est que lorsque le morceau est en pause, l’affichage de Remote présente la piste comme si elle n’était pas démarrée, le curseur à zéro. Lorsque l’on reprend la lecture, le compteur revient naturellement à sa place. Le contrôle à distance de JPlay offre une excellente sensation de liberté, comblant un vide créé par l’interface minimaliste de l’application en mode console.

JPlay soigneusement camouflé sous la forme d'une icône


Ecoute de la nouvelle version 4:

Une écoute attentive montre quelques différences significatives avec la version précédente 3.4.

En premier lieu les forte ont gagnés en naturel, la dynamique des cordes se traduit par une sensation de vérité, les violons tout particulièrement gagnent en rythme (Renaud et Gaultier Capuçon, Inventions, Two-Part Invention, for keyboard No. 8 in F major, BWV 779 (BC L49), 16/44.1KHz), les riffs de guitare semblent plus dans le tempo, plus fluides (Cranberries, Zombie, Linger live, 16/44.1KHz). La sensation sur les performances vocales une impression également plus naturelle, notamment sur les plages de concert où la prise de son n’est pas forcément académique (Queen, Live Killers, Love of my life, 16/44.1KHz). La qualité des applaudissement est également montée d’un petit cran,, ces derniers enrobés d’un velouté plus naturel, dénué de toute impression de dureté numérique montante.

Ensuite, la coloration a été légèrement réduite à l’écoute du mode le plus analytique d’utilisation de JPlay (KS/DirectLink/Beach), cela s’entend tout particulièrement sur les ensemble lyriques ou les performances classiques en HD (Amandine Beyer, The four seasons, la primavera allegro, 24/96KHz). Les modes d’hibernation au nombre de 2, TurboCore et FullScale présentent une musique plus réaliste et analytique, plus juste dirais-je, emprunts de micro-détails mais sans projection details (Amandine Beyer, The four seasons, la primavera Largo, 24/96KHz, Viktoria Mullova plays Bach, Partita no 3, Menuet, 16/44.1KHz). L’impression de recevoir un message brut sans coloration additionnelle (Katie Melua Collection, Piece by Piece,  16/44.1KHz).


J’ai l’impression qu’au final c’est une question de goût qui va décider l’auditeur, l’écoute d’une prestation purement monitoring peut cependant être décevante pour qui n’est pas professionnel de studio. Dans ce mode, les applaudissements prennent une dimension extrêmement réaliste, nous savons tous qu’ils sont un témoin du naturel de la reproduction facile à identifier (Elton John, Made in England, The One live, 16/44.1KHz),, là, on a le sentiment étrange d’être sur place à la prise de son.

Une autre conséquence du travail fait sur la qualité de reproduction est le sentiment qu’il y a une meilleure séparation des instruments (Julia fischer,  RSO, Souvenir d'un lieu cher Op 42, Scherzo, 24/96KHz), les plans se projettent mieux en 3 dimensions et l’expérience musicale gagne au final en naturel. Le rendu du piano est très près du naturel, ce qui est une performance…. Spécialement en ce qui concerne la partie gauche du clavier dont les notes restent extrêmement difficile à reproduire dans toute leur puissance sur de petits systèmes (Franz Schubert by Murray Perahia, D960 in B minor, Scherzo, 16/44.1KHz).


A côté de l’aspect musical du transport, une avancée majeure est je pense l’utilisation. Il est maintenant possible pour JPlay de travailler en tâche de fond sur foobar et iTunes. Avec foobar l’interface est très bonne, légèrement plus stable qu’avec iTunes, les commandes courantes (lecture/pause, avance rapide, retour) peuvent être utilisées de manière transparente.
Lorsqu’un morceau n’est pas supporté par JPlay, comme par exemple MP3 ou APE, ce dernier est renvoyé au moteur interne de foobar ou iTunes et joué normalement.

La télécommande est naturellement totalement supportée à travers Apple Remote. Quelques limitations sont cependant présentes, notamment au travers de la mise en pause où l’affichage n’est pas toujours correct, mais sans conséquence sur la lecture et la reprise notamment à l’utilisation de composants tiers.

Lorsque JPlay démarre une lecture de piste, il met foobar et iTunes en pause ce qui explique les affichages quelquefois fantaisiste.

Mesures:

Quelque chose peut être notamment observée lorsque l’on utilise foobar ou iTunes. Les mesures prises au niveau des variables du système d’exploitation pendant la lecture montrent qu’iTunes consomme en moyenne le double de ressources que foobar. Lorsqu’il y a des interruptions matérielles, comme par exemple des mouvements de souris, le niveau d’interruptions systèmes bouge de quelques décimales, mais l’indicateur de ressources relatif à iTunes s’envole alors que celui de foobar reste stable.

Une écoute attentive de mêmes pistes par Jplay dans un même mode avec iTunes ou foobar lancé montre une différence audible qui fait penser à une sorte de « jitter applicatif » en fonction de l’application elle-même. Ce dernier a un effet audible en matière de texture sonore et de coloration. De ce fait, c’est une sorte de preuve par l’expérience que toute application tournant pendant la lecture impacte la qualité du son comme tout autre composant dans la chaine de reproduction sonore

Sur le système de test, en mode Beach, lorsque iTunes est en arrière plan, le son offert test un peu plus clair, moins chaleureux qu’avec foobar. Ce dernier offrant une image plus généreuse et présentant des registres sonores plus complets et réalistes. Il s’agit donc d’une question de goût à savoir si l’on privilégie l’écoute plus analytique ou plus chaude. Le mode MiniPlayer également disponible comme application console et dispense un son plus mat, plus doux un peu à la manière des appareils de la marque REGA.

Conclusion :


Au travers de l’expérience JPlay nous pouvons aisément comprendre qu’un grand ensemble de paramètres influencent la restitution du son. La maitrise du système d’exploitation apporte une plus grande indépendance du logiciel sur lequel il est installé. C’est un peu l’objectif que j’offre au travers de l’ouvrage du PC Audiophile disponible sur le blog (voir l’article).  La plupart des systèmes sur lesquels j’ai testé ces réglages ne montrent pas de différence flagrante de restitution à l’utilisation d’excellents logiciels de lecture. D’autre part, Jplay démontre également que chaque lecteur insuffle son caractère et sa propre signature sonore, un peu à la manière des DACs et des lecteurs intégrés. Il démontre également qu’au sein d’un même environnement logiciel, il est possible d’obtenir des restitutions excellentes aux teintes différentes en fonction d’éléments tels que les pilotes, la gestion mémoire ou des tâches. 

J’aimerais pouvoir dire que j’ai pu expérimenter une signature sonore uniforme, quelque soit le mode sélectionné, quelque soit les réglages du système. J’aimerais pouvoir dire également avoir identifié une signature sonore « JPlay » mais ce n’est pas encore le cas, donc gageons que les prochaines moutures du produit, au même titre que foobar ou JRiver, proposeront une identité stable et constante au fil du temps.

A titre de conclusion je souhaitais dire que c’est ici une nouvelle fantastique version que nous a livré Josef Piri. D’une manière évidente il a maintenant clairement sa place dans le petit monde des lecteurs logiciels audiophiles.